A l’aube du premier jour de l’été, toute endormie, j’aime entendre le doux bruissement de la brise sur les feuilles des marronniers de mon jardin. Par leurs chants mélodieux des merles et des mésanges, je m’éveille doucement.
J’ouvre mes volets et je vois au loin par-dessus les pommiers l’apparition du soleil. Il est là, brillant, dominant la plaine verdoyante de ma Franche-Comté. Sous sa lueur, dans le lointain au nord, je distingue la race bovine et chevaline qui ruminent paisiblement ensemble. De sa chaleur, émane du parfum des fleurs dont les divers effluves réveillent tous mes sens.
Je peux enfin déployer mes membres engourdis par ce si long sommeil. Après ma toilette et mon habillage, la tiédeur matinale m’oblige à prendre mon petit déjeuner dehors sous le kiosque à côte des grands lilas mauves. J’observe avec admiration l’arrivée de multiples papillons aux nombreuses couleurs chatoyantes, virevoltant sans cesse, attirés par le suc des lilas.
Enchantée par l’appel de la nature, je prends l’initiative de faire une petite balade dans le verger. Autour des pommiers, du poirier et des pruniers règne un bourdonnement incessant, Mesdames les travailleuses « les abeilles » butinent avec entrain. Tout çà pour nous régaler avec leurs miels si délicieux. Rien que d’y penser la gourmandise est là, je fais une petite halte devant le vieux cerisier et je déguste avec allégresse ses fruits « les cœurs de pigeons » qui sont juteux et sucrés à volonté.
Je me dirige ensuite au bout du chemin vers l’allée des rosiers anglais pour contempler le scintillement des pétales des roses sous la lumière de la rosée du matin. Même les irises multicolores, les marguerites, les hortensias et les lys s’illuminent, m’offrant ainsi un si beau spectacle pour mes yeux. Profitant d’un moment de solitude, je m’étends sur l’herbe douce pour apprécier cette havre de sérénité et de plénitude.
C’est mon petit coin de paradis…